Je ne sais pas si c'est parce que je ne travaille pas pour CTV -ce qui veut dire que tout ce dont nous avons le droit de parler chez nous, c'est des problèmes de transport durant l'événement sportif cool qui approche à grands pas- ou quoi, mais à force d'en entendre parler, je commence à me poser sérieusement la grande question existentielle du mois prochain:
À écouter les nouvelles, et je n'arrive toujours pas à savoir si c'est de l'intimidation ou si ça va réellement arriver, du 12 au 28 février, ça va être l'ENFER en ville, ça va congestionner comme un nez d'enrhumé, ça va bouchonner de tous côtés, bref, gare à vous si vous devez vous déplacer d'un point A à un point B dans Vancouver. N'imaginez même pas utiliser votre voiture si vous en avez une. Du moins c'est ce qu'on nous dit et répète, probablement pour angoisser un maximum de gens et au moins s'assurer de diminuer un peu le trafic. Mmmhhh, c'est que les gens tiennent vraiment à leur voiture, et il semble que les initiatives du vendredi, le Travel Smart Challenge, lancées ces dernières semaines pour inciter les gens à changer de mode de transport au moins un jour par semaine, ne fonctionnent pas si bien que ça. On est loin du 15% de réduction espéré pour vendredi dernier. Tout le monde pense être un cas-particulier-qui-a-absolument-besoin-de-sa-voiture, et que "les autres" peuvent changer leur façon de faire.
Mais moi je n'ai pas de voiture, ma question, c'est plutôt de savoir si je devrais continuer mon petit trajet habituel, bus 22, Kits - Pender @ Hamilton, ou s'il faudrait que je considère une option plus indépendante, mais parfois humide, à savoir le vélo. Est-ce que j'investis dans une carte mensuelle de bus, pour 73 dollars? Est-ce que je m'achète des tickets pour les jours où je serais trop fatiguée? Et si je suis trop fatiguée TOUS les soirs en sortant du boulot à ?%*$ 23h30?
À en juger par l'avalanche de commentaires de mes amis sur Facebook depuis que j'ai lancé la question hier matin, je suis en retard dans ma stratégie, je devrais déjà avoir un plan. Eux (presque "elles", des filles pour la plupart), en tout cas, en ont un. Et le plan en question pour la plupart, exclut le bus -la voiture n'en parlons même pas. La réponse, quasi unanime, c'est VÉLO. Pédale ma fille, beau temps, mauvais temps, jour, nuit, pédale. Mais ocazou, achète-toi quelques tickets de bus. Au bout du compte, c'est ma copine Isabelle qui a le mot de la fin "Quel bordel les Jeux finalement"...
Dans l'absolu, pédaler, je n'ai rien contre. Je n'habite pas si loin de mon travail, ce serait une bonne occasion de faire mon petit temps d'exercice quotidien, l'air de rien, et ce sera marrant de passer devant tous les automobilistes coincés dans leur tit'auto. Le truc qui me chipote, c'est que je vais travailler 7 jours sur 7 et jusque tard le soir, même que zut, je vais rater tous les super concerts de la Place de la Francophonie... L'autre problème, c'est que je ne suis pas du tout équipée pour affronter la pluie, je n'ai rien de vraiment imperméable dans ma garde-robe, et je me promène toujours avec mes gants à 1$ achetés chez Jean Coutu il y a fort longtemps. Ca ne risque pas de suffire pour mes déplacements quotidiens si je choisis le deux-roues sans moteur.
Malgré tout, je penche de plus en plus pour le vélo (et quelques tickets de bus en cas d'extrême fatigue ou de déluge), ne serait-ce que pour "vivre Vancouver" différemment, et surtout me donner un petit coup de fouet. Ca sent la visite chez MEC, on dirait... Et puis, ça me donnera sans doute quelques anecdotes croustillantes à raconter ici.
Pendant qu'on est dans le sujet des JO, petit scoop pour ceux qui se demandent s'il va neiger sur Cypress pour qu'on évite de lancer un nouveau type de compétition -le ski sur paille- j'ai mangé avec un expert en météo d'Environnement Canada hier soir. Niet niet, aucun espoir, pas de neige, juste de la pluie.
La vie quotidienne et les bonnes adresses
d'une Française devenue Vancouveroise.
27 janvier 2010
26 janvier 2010
Pour les Comanecci et Candeloro en herbe
Je sais, mes références en patinage artistique ne sont pas à jour... Et Nadia Comanecci n'est même pas une patineuse, mais après tout, on doit pouvoir faire de la gymnastique sur la glace, non? Parfois sans trop le vouloir, d'ailleurs...
Les JO approchent - JO, c'est quoi ça?? - et si certains journalistes français qui ne font pas leur travail pensent qu'à Vancouver on patine sur des lacs gelés, ils vont vite comprendre en arrivant ici que non, on n'est pas dans le grand nord, à Vancouver les lacs ne gèlent pas. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas patiner.
J'ai redécouvert les joies et le stress du patinage -stress quand on est aussi mal à l'aise sur des patins que je le suis- récemment avec les amis, et j'avoue que ça m'a donné envie de prendre des cours ou du moins d'en faire plus souvent pour avoir plus de plaisir et moins d'angoisses.
Ce qui m'a inspirée pour le prochain apéroblog, baptisé apérolympique pour l'occasion: on ira boire un verre, oui, mais on va le mériter en allant patiner d'abord. Ca vous tente?
Ca se passera le 3 février, mercredi prochain, à 19h45, à la patinoire de Kitsilano. Cliquez sur le lien pour avoir l'adresse et autres infos...
Inscrivez-vous sur Facebook, ou contactez moi directement pour me signaler votre présence, et comme je vois que des nouveaux sont déjà sur la liste, je vais essayer de trouver un système pour qu'on se reconnaisse.
See you there...!
Les JO approchent - JO, c'est quoi ça?? - et si certains journalistes français qui ne font pas leur travail pensent qu'à Vancouver on patine sur des lacs gelés, ils vont vite comprendre en arrivant ici que non, on n'est pas dans le grand nord, à Vancouver les lacs ne gèlent pas. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas patiner.J'ai redécouvert les joies et le stress du patinage -stress quand on est aussi mal à l'aise sur des patins que je le suis- récemment avec les amis, et j'avoue que ça m'a donné envie de prendre des cours ou du moins d'en faire plus souvent pour avoir plus de plaisir et moins d'angoisses.
Ce qui m'a inspirée pour le prochain apéroblog, baptisé apérolympique pour l'occasion: on ira boire un verre, oui, mais on va le mériter en allant patiner d'abord. Ca vous tente?
Ca se passera le 3 février, mercredi prochain, à 19h45, à la patinoire de Kitsilano. Cliquez sur le lien pour avoir l'adresse et autres infos...
Inscrivez-vous sur Facebook, ou contactez moi directement pour me signaler votre présence, et comme je vois que des nouveaux sont déjà sur la liste, je vais essayer de trouver un système pour qu'on se reconnaisse.
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Que faire à Vancouver
25 janvier 2010
Kit de survie pour franchouillard affamé, fraîchement débarqué à Vancouver
J'avoue, ça fait tellement longtemps que je ne vis plus en France que je ne sais plus vraiment ce que ça fait quand on quitte la mère patrie, les gros chocs culturels que l'on vit. Surtout que pour ma part, c'est pour aller vivre en Haïti que j'ai quitté la France, alors le choc culturel en question, il était pas mal différent de celui qu'un frenchie peut vivre en débarquant dans Raincity...
Mais quand même, quand au détour d'une conversation, lors d'un apéro-blog ou ailleurs, j'entends des p'tits nouveaux dire qu'ils ont du mal à vivre sans fromage mais se résignent déjà à devoir s'y faire après une visite traumatisante au Safeway du coin -où le fromage n'existe pratiquement qu'en version orange et carrée- je me dis qu'il est temps d'intervenir, ou du moins de me répéter, parce que j'en ai déjà parlé ici. Voici donc un mini-kit de survie gastronomique pour français désespéré in Vancouver.
Ceux qui ont vu l'extrait du documentaire "Ouest qu'on parle français" sur les apéro-blogs savent qu'on ne se laisse pas abattre ici. L'été, on fait des apéros ou plutôt des piques-niques sur la plage, et on brave les interdits en débouchant une ou deux bouteilles de vin. Ah tiens, premier constat, il est interdit de boire de l'alcool sur les plages ici, et si je me souviens bien, en France on fait ça un peu n'importe où, non? Lors de nos apéros, on découpe aussi des bonnes tranches de saucisson qui a l'air bien meilleur que le Cochonou. Et où trouve-t-on ce merveilleux sauciflard à faire baver les plus récalcitrants? Chez mon ami le charcutier-fromager Oyama, au marché public de Granville Island. Je ne le répèterai jamais assez, ce lieu est un incontournable et vous fera changer d'avis sur les joies (ou l'absence de) de l'alimentation à Vancouver. À consommer avec modération, mais sans culpabilité.
Maintenant, vous vous plaignez de ne pas pouvoir manger de vrai fromage, celui qui pue, qui coule, le symbole de la France profonde. Je vous envoie illico aux Amis du fromage. Leur magasin se trouve sur la Deuxième avenue tout près de Burrard (à deux pas de Granville Island, d'ailleurs), et ils ont également un magasin à West Vancouver et un autre dans Strathcona sur East Hastings. Par ailleurs, ils ont ouvert un resto, Au Petit Chavignol, sur East Hastings aussi. Je ne l'ai aps encore essayé, mais le concept a l'air sympa. Peut-être qu'on y fera un apéroblog un de ces soirs... Bon à savoir, si vous achetez du fromage à raclette chez les Amis du fromage, ils vous prêtent (j'ai bien dit prêtent) l'appareil à raclette. Car je suppose que vous n'avez pas emporté le votre dans vos valises, n'est-ce pas? Idem pour la fondue, achetez du comté, du vacherin etc, et on vous prête le service à fondue. C'est pas gentil, ça? Et je rappelle qu'Oyama vend aussi du fromage, et du bon.
Si vous habitez dans Kits, je vous conseille une fois de plus l'épicerie grecque Parthénon (3080 West Broadway), car on y trouve quelques bons fromages comme de l'emmental parfait pour des gratins, à un coût bien moins élevé qu'au Safeway. Sans compter que très bientôt, non loin de là, vous pourrez acheter le meilleur pain en ville pour accompagner votre fromage. Et j'enchaîne là-dessus, non seulement vous trouverez du pain chez nos amis de Baguette and Co, mais aussi, foi de gourmande, les fondants croissants au beurre qui vous manquent tant depuis que vous avez mis le pied dans l'avion qui vous a mené sur la côte Ouest.
La vie va être encore plus belle à Vancouver...
Mais quand même, quand au détour d'une conversation, lors d'un apéro-blog ou ailleurs, j'entends des p'tits nouveaux dire qu'ils ont du mal à vivre sans fromage mais se résignent déjà à devoir s'y faire après une visite traumatisante au Safeway du coin -où le fromage n'existe pratiquement qu'en version orange et carrée- je me dis qu'il est temps d'intervenir, ou du moins de me répéter, parce que j'en ai déjà parlé ici. Voici donc un mini-kit de survie gastronomique pour français désespéré in Vancouver.
Ceux qui ont vu l'extrait du documentaire "Ouest qu'on parle français" sur les apéro-blogs savent qu'on ne se laisse pas abattre ici. L'été, on fait des apéros ou plutôt des piques-niques sur la plage, et on brave les interdits en débouchant une ou deux bouteilles de vin. Ah tiens, premier constat, il est interdit de boire de l'alcool sur les plages ici, et si je me souviens bien, en France on fait ça un peu n'importe où, non? Lors de nos apéros, on découpe aussi des bonnes tranches de saucisson qui a l'air bien meilleur que le Cochonou. Et où trouve-t-on ce merveilleux sauciflard à faire baver les plus récalcitrants? Chez mon ami le charcutier-fromager Oyama, au marché public de Granville Island. Je ne le répèterai jamais assez, ce lieu est un incontournable et vous fera changer d'avis sur les joies (ou l'absence de) de l'alimentation à Vancouver. À consommer avec modération, mais sans culpabilité.
Maintenant, vous vous plaignez de ne pas pouvoir manger de vrai fromage, celui qui pue, qui coule, le symbole de la France profonde. Je vous envoie illico aux Amis du fromage. Leur magasin se trouve sur la Deuxième avenue tout près de Burrard (à deux pas de Granville Island, d'ailleurs), et ils ont également un magasin à West Vancouver et un autre dans Strathcona sur East Hastings. Par ailleurs, ils ont ouvert un resto, Au Petit Chavignol, sur East Hastings aussi. Je ne l'ai aps encore essayé, mais le concept a l'air sympa. Peut-être qu'on y fera un apéroblog un de ces soirs... Bon à savoir, si vous achetez du fromage à raclette chez les Amis du fromage, ils vous prêtent (j'ai bien dit prêtent) l'appareil à raclette. Car je suppose que vous n'avez pas emporté le votre dans vos valises, n'est-ce pas? Idem pour la fondue, achetez du comté, du vacherin etc, et on vous prête le service à fondue. C'est pas gentil, ça? Et je rappelle qu'Oyama vend aussi du fromage, et du bon.
Si vous habitez dans Kits, je vous conseille une fois de plus l'épicerie grecque Parthénon (3080 West Broadway), car on y trouve quelques bons fromages comme de l'emmental parfait pour des gratins, à un coût bien moins élevé qu'au Safeway. Sans compter que très bientôt, non loin de là, vous pourrez acheter le meilleur pain en ville pour accompagner votre fromage. Et j'enchaîne là-dessus, non seulement vous trouverez du pain chez nos amis de Baguette and Co, mais aussi, foi de gourmande, les fondants croissants au beurre qui vous manquent tant depuis que vous avez mis le pied dans l'avion qui vous a mené sur la côte Ouest.
La vie va être encore plus belle à Vancouver...
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Bonnes adresses nourriture
20 janvier 2010
C'est Extra pour Haïti
Ma semaine de travail ne sera pas terminée, mais rien ne m'empêchera d'aller danser samedi soir à la première soirée C'est Extra Vancouver de l'année.
Vous connaissez la formule: à partir de 22h, on se retrouve au Backstage Lounge sur Granville Island pour se trémousser sur des vieilles et moins vieilles chansons françaises et québécoises. La formule fonctionne à merveille, on s'amuse, on retrouve des visages connus, on rencontre du monde, on s'amuse.
Et en plus, j'ai appris que 100% des recettes du C'est Extra! de ce samedi sera donné à la Croix Rouge (50%) et UNICEF (50%) pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre en Haïti. Et comme notre cher DJ Eric Lenger a fait une mission en Haïti il y a quelques mois, il nous a rapporté quelques CD de bon kompas, ce rythme unique auquel les hanches ne peuvent résister...
Alors, venez danser et faire une bonne action pour Haïti chérie!
Vous connaissez la formule: à partir de 22h, on se retrouve au Backstage Lounge sur Granville Island pour se trémousser sur des vieilles et moins vieilles chansons françaises et québécoises. La formule fonctionne à merveille, on s'amuse, on retrouve des visages connus, on rencontre du monde, on s'amuse.
Et en plus, j'ai appris que 100% des recettes du C'est Extra! de ce samedi sera donné à la Croix Rouge (50%) et UNICEF (50%) pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre en Haïti. Et comme notre cher DJ Eric Lenger a fait une mission en Haïti il y a quelques mois, il nous a rapporté quelques CD de bon kompas, ce rythme unique auquel les hanches ne peuvent résister...
Alors, venez danser et faire une bonne action pour Haïti chérie!
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Que faire à Vancouver
16 janvier 2010
5 ans!
J'ai raté en novembre l'anniversaire de ce blog -4 ans déjà, mais hier, alors que dans une réunion tout le monde se présentait et disait "je vis à Vancouver depuis...", j'ai soudain réalisé que ça faisait exactement 5 ans que nous avions débarqué dans la belle Raincity. Il pleuvait fort ce jour-là, tout comme hier, mais bien des choses ont changé en 5 ans.
J'ai mis tant de temps à m'habituer à vivre à Vancouver, je ne parle même pas d'aimer y vivre, pendant si longtemps je me suis ennuyée de Montréal... Je ne sais plus quand exactement le déclic s'est fait, en fait je ne pense pas qu'il y ait eu un déclic. Le temps a fait son travail, tout simplement, et surtout, je me suis bougée pour construire ma vie au lieu de regarder en arrière et espérer quelque chose qui n'arriverait jamais. J'ai travaillé, j'ai fait toutes sortes d'activités, et surtout je me suis mise à écrire.
Sans mon blog, je ne sais pas à quoi ressemblerait ma vie, mais une chose est sûre, je n'aurais pas rencontré la moitié des gens que je connais maintenant, et j'aurais raté bien des bons moments... Ma vie est loin d'être celle que j'imaginais en arrivant ici il y a cinq ans, mais elle me convient telle qu'elle est.
Alors, joyeux anniversaire à nous, et ce soir -après le travail- je lèverai mon verre en compagnie de Mr Husband qui est enfin de retour, aux 5 prochaines années!
J'ai mis tant de temps à m'habituer à vivre à Vancouver, je ne parle même pas d'aimer y vivre, pendant si longtemps je me suis ennuyée de Montréal... Je ne sais plus quand exactement le déclic s'est fait, en fait je ne pense pas qu'il y ait eu un déclic. Le temps a fait son travail, tout simplement, et surtout, je me suis bougée pour construire ma vie au lieu de regarder en arrière et espérer quelque chose qui n'arriverait jamais. J'ai travaillé, j'ai fait toutes sortes d'activités, et surtout je me suis mise à écrire.
Sans mon blog, je ne sais pas à quoi ressemblerait ma vie, mais une chose est sûre, je n'aurais pas rencontré la moitié des gens que je connais maintenant, et j'aurais raté bien des bons moments... Ma vie est loin d'être celle que j'imaginais en arrivant ici il y a cinq ans, mais elle me convient telle qu'elle est.
Alors, joyeux anniversaire à nous, et ce soir -après le travail- je lèverai mon verre en compagnie de Mr Husband qui est enfin de retour, aux 5 prochaines années!
14 janvier 2010
Trop...
Trop c'est trop, je n'en peux plus ce soir. Dans le confort de mon salon, dans le luxe de ma vie vancouveroise, dans ma maison qui tient debout et m'offre l'eau -un peu trop d'ailleurs- et l'électricité, j'ai le toupet de dire que je n'en peux plus, et je peux me permettre d'arrêter, à tout moment, de regarder ce débordement d'images sur le web, à la télé, qui montrent que le pays qui a changé ma vie est au pire moment de son histoire, vit son plus grand désastre, comme si c'était nécessaire après tout le reste. Et je suis là, déchirée entre ma curiosité morbide, mon sentiment de culpabilité de ne rien pouvoir faire, l'inquiétude, la tristesse...
Je peux arrêter de regarder ces images, mais en même temps je n'y arrive pas. Je voudrais arrêter d'y penser, de lire des listes de noms de disparus sur Facebook et Twitter, mais je ne peux pas. Depuis la minute où j'ai vu, de loin, la carte d'Haïti sur l'écran de RDI mardi, j'ai commencé à m'enfoncer dans ce tourbillon, et d'autres images, des souvenirs, des noms, ont surgi de ma mémoire. Ma vie, mon ancienne vie, celle que j'ai quittée mais que j'idéalise encore parfois, tous les gens que j'ai aimés, avec qui j'ai travaillé, mon "ex-famille"... Où étaient-ils, avaient-ils réussi à se mettre à l'abri? Et tous les autres que je ne connais pas mais qui sont par terre, morts dans la rue, ceux qui sont blessés et ne peuvent même pas être soignés... Tous ces bâtiments écroulés -égoïstement je pense à tous les lieux de mon passé, ma maison qui n'existe plus, l'hôtel Montana qui n'est plus qu'une crêpe de béton où près de 200 personnes sont encore emprisonnées. J'ai la nausée. Trop, c'est trop.
Jusqu'à présent, au moins, les nouvelles que j'obtiens au compte-goutte sont rassurantes si on peut dire, mes plus proches sont sains et saufs. Mais je pense à la suite. Comment fait-on pour continuer après ça? Par où commencer? La foi en la vie, on la trouve où? Tout est à terre, des émeutes ont déjà commencé, des pillages aussi. Le manque d'eau, les épidémies, il y a tant d'autres risques maintenant. Peut-être que justement c'est parce que je suis loin que je vois les choses avec découragement, peut-être que quand on survit à un tel drame l'envie de vivre est d'autant plus forte. Je le souhaite. Je ne sais pas.
Une chance, beaucoup de gens ont la capacité de se plonger dans l'action, et d'aider, concrètement. Pour ceux qui comme moi n'ont pas de compétence particulière dans la gestion de désastre mais veulent faire quelque chose, il y a toujours la possibilité de faire un don à la Croix Rouge par exemple, ou à d'autres organismes. Le besoin est énorme. On a tous une capacité limitée à être touché par les horreurs qui arrivent sur terre chaque jour, il y en a tant et on se sent vite impuissant, et puis notre vie continue, avec ses obligations et ses moments de joie. Mais cette fois-ci, parce qu'Haïti pour moi c'est plus qu'un pays où le sort s'acharne, je ne veux pas reprendre le cours de ma vie normale comme si de rien n'était. Pas tout de suite.
Je peux arrêter de regarder ces images, mais en même temps je n'y arrive pas. Je voudrais arrêter d'y penser, de lire des listes de noms de disparus sur Facebook et Twitter, mais je ne peux pas. Depuis la minute où j'ai vu, de loin, la carte d'Haïti sur l'écran de RDI mardi, j'ai commencé à m'enfoncer dans ce tourbillon, et d'autres images, des souvenirs, des noms, ont surgi de ma mémoire. Ma vie, mon ancienne vie, celle que j'ai quittée mais que j'idéalise encore parfois, tous les gens que j'ai aimés, avec qui j'ai travaillé, mon "ex-famille"... Où étaient-ils, avaient-ils réussi à se mettre à l'abri? Et tous les autres que je ne connais pas mais qui sont par terre, morts dans la rue, ceux qui sont blessés et ne peuvent même pas être soignés... Tous ces bâtiments écroulés -égoïstement je pense à tous les lieux de mon passé, ma maison qui n'existe plus, l'hôtel Montana qui n'est plus qu'une crêpe de béton où près de 200 personnes sont encore emprisonnées. J'ai la nausée. Trop, c'est trop.
Jusqu'à présent, au moins, les nouvelles que j'obtiens au compte-goutte sont rassurantes si on peut dire, mes plus proches sont sains et saufs. Mais je pense à la suite. Comment fait-on pour continuer après ça? Par où commencer? La foi en la vie, on la trouve où? Tout est à terre, des émeutes ont déjà commencé, des pillages aussi. Le manque d'eau, les épidémies, il y a tant d'autres risques maintenant. Peut-être que justement c'est parce que je suis loin que je vois les choses avec découragement, peut-être que quand on survit à un tel drame l'envie de vivre est d'autant plus forte. Je le souhaite. Je ne sais pas.
Une chance, beaucoup de gens ont la capacité de se plonger dans l'action, et d'aider, concrètement. Pour ceux qui comme moi n'ont pas de compétence particulière dans la gestion de désastre mais veulent faire quelque chose, il y a toujours la possibilité de faire un don à la Croix Rouge par exemple, ou à d'autres organismes. Le besoin est énorme. On a tous une capacité limitée à être touché par les horreurs qui arrivent sur terre chaque jour, il y en a tant et on se sent vite impuissant, et puis notre vie continue, avec ses obligations et ses moments de joie. Mais cette fois-ci, parce qu'Haïti pour moi c'est plus qu'un pays où le sort s'acharne, je ne veux pas reprendre le cours de ma vie normale comme si de rien n'était. Pas tout de suite.
08 janvier 2010
C'est parti mon kiki!
Les longues vacances sont bel et bien finies. Sous une pluie battante lundi matin, j'ai pris pour la première fois -en tant qu'employée- le chemin de mon nouveau lieu de travail, avec le petit noeud dans le ventre qu'on connaît tous, mais aussi avec pas mal d'excitation.
Le premier jour, c'est toujours assez facile, on passe du temps à remplir et signer des papiers, à se faire présenter aux gens, on perd un peu la tête et on ne se souvient que de quelques prénoms. Mais j'ai vite mis la main à la pâte et ma formation était déjà bien entamée à la fin de la première journée. Au point qu'hier soir j'étais aux commandes du sous-titrage!
Depuis, c'est bien simple, je tripe, j'adoooore. J'ai les meilleures formatrices au monde, j'aime ce que j'apprends, c'est stimulant, bref, je revis. Bon, c'est à peu près tout ce que je dirai au sujet de mon boulot, vu que le monde est minuscule, particulièrement à Vancouver.
Et puisque pour la première fois après tant d'années je travaille à temps plein ces jours-ci et que je finis après 19h, je n'ai plus de vie ou presque. Mais quand même, j'ai enfin eu l'occasion de voir le dernier Almodovar, Broken Embraces ou plutôt Los Abrazos Rotos, que j'ai absolument adoré. La preuve: j'ai gardé les yeux ouverts jusqu'au bout ;-)
Le premier jour, c'est toujours assez facile, on passe du temps à remplir et signer des papiers, à se faire présenter aux gens, on perd un peu la tête et on ne se souvient que de quelques prénoms. Mais j'ai vite mis la main à la pâte et ma formation était déjà bien entamée à la fin de la première journée. Au point qu'hier soir j'étais aux commandes du sous-titrage!
Depuis, c'est bien simple, je tripe, j'adoooore. J'ai les meilleures formatrices au monde, j'aime ce que j'apprends, c'est stimulant, bref, je revis. Bon, c'est à peu près tout ce que je dirai au sujet de mon boulot, vu que le monde est minuscule, particulièrement à Vancouver.
Et puisque pour la première fois après tant d'années je travaille à temps plein ces jours-ci et que je finis après 19h, je n'ai plus de vie ou presque. Mais quand même, j'ai enfin eu l'occasion de voir le dernier Almodovar, Broken Embraces ou plutôt Los Abrazos Rotos, que j'ai absolument adoré. La preuve: j'ai gardé les yeux ouverts jusqu'au bout ;-)
03 janvier 2010
Bonne année, au fait
Déjà le 3 janvier... Si l'année passe aussi vite qu'elle a commencé, je devrais peut-être déjà m'habituer à dire 2011 au lieu de perdre mon temps avec 2010!
A tous ceux à qui je n'ai pas encore parlé, ou avec qui je n'ai pas passé un des réveillons les plus chouettes de ma vie, je souhaite une année super olympique (faut bien que je m'habitue), pleine de belles surprises, de travail -parce que ça fait mal quand on n'en a pas- satisfaisant, pleine d'amour, pleine d'amis, et tutti quanti.
Et surtout la santé. Pas de maudit cancer, cette cochonnerie qui emporte les gens trop tôt, qui pourrit la vie, qui fait mal à ceux qui restent. Je suis encore sous le choc de la nouvelle que je viens d'apprendre, qui assombrit l'année qui commençait pourtant si bien. Lhasa de Sela est morte. Un cancer du sein qu'elle combattait depuis 2 ans l'a finalement emportée le 1er janvier. Ce soir-là je ne savais pas qu'elle venait tout juste de nous quitter alors que j'écoutais son dernier disque pour accompagner le départ de Mr Husband...
Lhasa, pour moi, c'est avant tout son premier disque, La Llorona, que j'ai tant écouté au printemps 2002. C'est le retour du beau temps sur Montréal, un tournesol qui pousse sur une terrasse de Verdun, les mercredis gastronomiques, l'espoir d'aimer à nouveau un jour, différemment, mieux.
L'amour que je voulais est venu, mais aujourd'hui Lhasa est partie, et je ne peux pas m'empêcher de la pleurer ce soir. C'est trop bête.
Bonne année quand même...
A tous ceux à qui je n'ai pas encore parlé, ou avec qui je n'ai pas passé un des réveillons les plus chouettes de ma vie, je souhaite une année super olympique (faut bien que je m'habitue), pleine de belles surprises, de travail -parce que ça fait mal quand on n'en a pas- satisfaisant, pleine d'amour, pleine d'amis, et tutti quanti.
Et surtout la santé. Pas de maudit cancer, cette cochonnerie qui emporte les gens trop tôt, qui pourrit la vie, qui fait mal à ceux qui restent. Je suis encore sous le choc de la nouvelle que je viens d'apprendre, qui assombrit l'année qui commençait pourtant si bien. Lhasa de Sela est morte. Un cancer du sein qu'elle combattait depuis 2 ans l'a finalement emportée le 1er janvier. Ce soir-là je ne savais pas qu'elle venait tout juste de nous quitter alors que j'écoutais son dernier disque pour accompagner le départ de Mr Husband...
Lhasa, pour moi, c'est avant tout son premier disque, La Llorona, que j'ai tant écouté au printemps 2002. C'est le retour du beau temps sur Montréal, un tournesol qui pousse sur une terrasse de Verdun, les mercredis gastronomiques, l'espoir d'aimer à nouveau un jour, différemment, mieux.L'amour que je voulais est venu, mais aujourd'hui Lhasa est partie, et je ne peux pas m'empêcher de la pleurer ce soir. C'est trop bête.
Bonne année quand même...
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